Madeleine Malonga (-78 kg), vice-championne olympique à Tokyo en 2021, a été éliminée dès les 8e de finale jeudi 1er août. La Française s’est confiée au micro de RFI.
Le rêve olympique peut parfois virer au cauchemar. Madeleine Malonga, en larmes, les yeux rougis, a fait part de toute sa détresse après avoir chuté dès son premier combat en 1/8 de finale face à la Portugaise Patricia Sampaio. La vice-championne olympique à Tokyo en 2021, a été sèchement battue par ippon après une minute de combat.
« Il y a une énorme déception. Pour arriver à combattre aujourd’hui, cela a été extrêmement difficile, sanglote Madeleine Malonga. J’ai vécu les pires moments ces derniers mois ».
« Je ne venais pas pour ça »
La championne du monde 2019 avait été la dernière judokate française à connaître sa sélection. Elle était en concurrence avec sa compatriote Audrey Tcheuméo. Le choix fut difficile entre Tcheuméo, 34 ans, double médaillée olympique en 2012 et 2016, et sa cadette de 30 ans. La Fédération française de judo avait expliqué avoir fait son choix après les dernières compétitions de Grand Slam de mars dernier, où Tcheuméo avait échoué à la cinquième place à Tbilissi (Géorgie) et où Malonga, elle, s’était imposée à Antalya (Turquie).
« Je ne venais pas pour ça, explique Madeleine Malonga. Mais je suis fière de moi. C’est ça le sport. Parfois on gagne, parfois on perd. Aujourd’hui, c’était pour elle (la Portugaise). Je n’ai pas envie de revenir là-dessus, mais j’ai sans doute perdu beaucoup d’énergie dans la course à la qualification. Je me suis fait contrée. J’avais à cœur d’y aller à fond, de bien faire, ben voilà c’est comme ça. Ce matin, je me sentais bien. »
Madeleine Malonga avoue qu’elle a eu du mal à digérer Tokyo. Il lui a fallu faire un grand chemin pour tenter d’apprécier sa vie d’athlète. «J’étais contente d’être sur le tapis, j’entendais le public me pousser. C’est les JO, tout le monde veut gagner».
Un quart de finale sans athlète français
« Je voudrais que les gens qui me regardent se disent que si à un moment donné rien ne va dans le vie, alors je leur dis qu’il faut s’accrocher, indique Madeleine Malonga. Moi, je me suis accrochée comme une dingue pour venir ici. Alors oui, j’ai perdu, mais j’ai vécu le truc à fond. Merci à vous qui m’avez soutenu, encouragé. C’est des moments difficiles, mais il faut croire en soi tout le temps. Je vais devoir m’en remettre. Ma mère me dit tout le temps qu’il y a de la place pour tout le monde, aujourd’hui ce n’était pas pour moi. » Malgré sa cascade de larmes, Madeleine Malonga a tout de même donné rendez-vous à Los Angeles en 2028.
Pour la première fois depuis le début du tournoi olympique samedi, il n’y aura aucun représentant français en quart de finale. L’autre tricolore, Aurélien Diesse, a été éliminé au deuxième (-100 kg) par l’Israélien Peter Paltchik, vainqueur du Français aux pénalités après plus de quatre minutes de prolongation. À 26 ans, Diesse découvrait les Jeux olympiques. Il n’avait glané en tout et pour tout qu’une médaille internationale, en bronze en Grand Chelem, à Bakou en 2023.
La délégation tricolore devra attendre vendredi, et l’entrée en scène de sa tête d’affiche Teddy Riner, pour espérer décrocher sa première médaille d’or, après deux médailles d’argent et cinq de bronze jusqu’ici. Madeleine Malonga était un sérieux espoir de médaille pour les Bleus.
















