Depuis Conakry, la Guinée a officiellement adressé à la France une demande de restitution de plusieurs manuscrits saisis durant la période coloniale. Parmi eux, un objet dont la portée dépasse largement sa valeur matérielle : le Coran de Samory Touré, figure majeure de la résistance à la conquête française en Afrique de l’Ouest.
Conservé aujourd’hui au musée de l’Armée à Paris, ce manuscrit est considéré en Guinée comme un trésor national, un témoin de l’histoire, un fragment de dignité arraché lors de la capture de Samory Touré en 1898. Pour Conakry, il ne s’agit pas seulement de récupérer un livre sacré, mais de réparer une fracture historique.
Cette requête s’ajoute à une série de démarches similaires menées par plusieurs pays africains depuis la publication du rapport Sarr-Savoy en 2018, qui recommandait une restitution massive des biens culturels africains conservés en France. Pour Conakry, la restitution du Coran de Samory Touré serait un geste fort, un acte de reconnaissance des blessures du passé et un pas vers une relation franco-guinéenne apaisée et respectueuse.
À Paris, la demande est désormais entre les mains des autorités compétentes. Le musée de l’Armée reconnaît la valeur historique du manuscrit, mais toute restitution dépend d’une décision politique. Pour la Guinée, l’enjeu est clair : rendre à son peuple un fragment essentiel de son histoire, un objet qui incarne la résistance, la foi et la souveraineté.
















