Des tirs de roquettes sur le sud du Liban et le survol à basse altitude de Beyrouth par des avions israéliens ce dimanche matin, les funérailles de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah et de son successeur pressenti, Hachem Safieddine, se tiennent devant une foule immense et sous haute tension.
« L’aviation de combat ennemie a survolé Beyrouth et ses banlieues à basse altitude », a indiqué l’agence officielle d’information Ani, selon laquelle Israël a également visé le sud et l’est du Liban plus tôt ce matin avec des tirs de roquette. « Le bruit de vos avions ne nous fera pas peur », a réagi l’un des orateurs à la cérémonie, alors que des dizaines de milliers de participants scandaient « Mort à Israël ».
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, confirmant le survol, a indiqué qu’il s’agissait pour Israël d’envoyer un « message clair » à « quiconque menace de détruire Israël ».
C’est une foule impressionnante qui est assemblée dans le stade Camille Chamoun, au sud de Beyrouth, rapporte notre correspondante, Laure Stephan. Une foule animée d’une immense ferveur. Des chants, des pleurs et des prières sous les portraits géants du leader du Hezbollah, mort dans un bombardement israélien en septembre dernier, et des écrans qui retransmettent la cérémonie. Certains ont encore du mal à croire à leur disparition, raconte notre correspondante, malgré la présence ses deux cercueils.
Un camion portant les cercueils de Hassan Nasrallah et de son successeur Hachem Safieddine, tués en septembre et en octobre 2024 dans des frappes israéliennes, a fait le tour de la Cité sportive de Beyrouth où étaient massés les fidèles qui sont arrivés de la plaine de la Bekaa, du sud du pays et des quartiers chiites de Beyrouth ces derniers jours.
Le discours de Naïm Qassem
Hassan Nasrallah « reste vivant en nous », a déclaré Naïm Qassem, le chef du Hezbollah; lors d’un discours retransmis en direct sur les écrans géants et à la télévision. « Nous resterons fidèles au legs confié et nous continuerons sur cette voie ». « La résistance contre Israël n’est pas finie, elle se poursuit », a assuré Naïm Qassem, mettant aussi en garde les États-Unis. « Nous n’accepterons pas au Liban que le tyran américain contrôle notre pays », a-t-il ajouté, alors que le pays s’est doté début janvier d’un nouveau président, Joseph Aoun, et d’un nouveau gouvernement, soutenus par Washington.
Plusieurs pays ont envoyé des délégations à la cérémonie, dont l’Iran, représenté par le président du Parlement, Mohammad-Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Des représentants des factions irakiennes pro-iraniennes et d’autres alliés du Hezbollah et de l’Iran contre Israël sont également présents. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis de poursuivre « la résistance » à Israël, dans un message publié depuis Téhéran, au début de la cérémonie, rapporte l’Agence France presse.
















