Dans une liste, le site d’extrême droite Réseau libre promet une « balle dans la nuque » à 180 journalistes, avocats et personnalités publiques. Visés, des journalistes de France Médias Monde portent plainte et dénoncent des appels au meurtre. Depuis le 9 juin, les experts interrogés par France 24 observent une montée en puissance de la violence de l’extrême droite en France, sur les réseaux mais aussi dans la vie réelle.
Photo d’illustration du tribunal judiciaire de Paris, où un groupe de journalistes, menacés de mort par le site d’extrême droite Réseau libre, ont porté plainte vendredi 12 juillet 2024. © Emmanuel Dunand, AFP.
Au lendemain du second tour des législatives en France, le site d’ultradroite Réseau libre a fait parler de lui en encourageant sa communauté à « mettre une balle dans la nuque » à quatre personnalités de gauche – les insoumis Manuel Bompard, Alexis Corbière, Rachel Keke et le communiste Ian Brossat – ainsi qu’à l’avocat pénaliste Yassine Bouzrou, connu pour avoir défendu plusieurs familles de victimes de violences policières. Cet appel au meurtre était assorti des adresses personnelles des personnalités listées.
Dans l’entre-deux-tours des élections législatives anticipées, ce même site d’extrême droite appelait déjà à « éliminer » des avocats signataires d’une tribune contre le Rassemblement national (RN). Après plusieurs plaintes, le parquet de Paris a ouvert une enquête jeudi 11 juillet, pour menaces de mort et cyberharcèlement.
Cette semaine, la cible s’est élargie avec 180 personnalités publiques, dont des journalistes, élus, syndicalistes ou encore responsables associatifs, qui sont visées nommément. Menacés d’une « balle dans la nuque » sur le site de Réseau libre, des journalistes du groupe France Médias Monde, auquel appartient France 24, ont déposé une plainte collective vendredi 12 juillet.
Cette liste n’est en réalité pas nouvelle. Il s’agit d’un copié-collé des noms des signataires d’une tribune publiée le 3 octobre 2023 dans L’Humanité qui appelait, lors des États généraux de l’information, au libre exercice de leur mission d’information.
grâce à une coopération franco-russe, mais pas condamné. Pour Jean-Yves Camus, le fait que le fondateur du site habite en Russie « n’est pas anodin ». « On peut se poser la question : est-ce que cela fait partie de la guerre hybride de la Russie contre la France, qui repose sur des affaires de manipulations et de menaces ? », interroge le politologue.
Depuis la médiatisation de l’affaire, le site de Réseau Libre est inaccessible, « en tout cas depuis l’Europe », explique un journaliste de France 24 figurant sur la liste, qui a tenté d’accéder au site via plusieurs VPN.
dans un cadre de pressions qui augmentent contre les journalistes de la part de l’extrême droite, avec un nombre de messages de haine et de menaces de mort très explicites pendant la campagne », analyse Salomé Saqué. « J’ai reçu en message privé, en pleine campagne : ‘Tu sais, c’est que c’est pas parce que t’es journaliste que tu vas pas prendre une balle dans la tête. Tu passes pas le weekend.’ Cela tombe évidemment sous le coup de la loi », témoigne la journaliste de Blast. « Cela montre le degré de violence de ces individus d’extrême droite pendant la campagne. C’était particulièrement violent. »















