Ferme bio, transparence carbone, discours à Davos… Charles III est connu pour ses prises de position et ses actions écologistes, en contradiction parfois avec son train de vie. Saura-t-il s’y tenir en tant que roi, quitte à bousculer les codes de la monarchie britannique ?
Il portera des vêtements ayant appartenu à de précédents monarques et le plat principal sera… végétarien. Pour la cérémonie de son couronnement, le roi Charles III a choisi d’insuffler un peu de sobriété dans la cérémonie royale. Ce fervent défenseur de l’environnement marque ainsi son empreinte « verte » et bouscule les habitudes du royaume.
Ses convictions écologistes, le prince Charles ne s’en est jamais caché, quitte à passer dans les années 1970 pour un farfelu auprès de la presse britannique, qui le qualifie alors de « prince qui mange sa pelouse », après qu’il a admis aimer parler aux plantes pour les faire pousser.
Avant-gardiste, le jeune Charles alerte très tôt sur les effets néfastes de la pollution sur la biodiversité. Dans un discours datant de 1970, il a 21 ans à peine et dit son inquiétude devant les membres du Comité de la campagne galloise, dont il est le président. Il pressent que la planète court un danger et dénonce la pollution chimique, la pollution de l’air et la pollution par les hydrocarbures, « qui détruit presque les plages et affecte des dizaines de milliers d’oiseaux marins ».
Ferme bio et réintroduction de cochons menacés
La couronne britannique possède de nombreuses terres et le prince Charles entreprend dès 1985 la conversion en agriculture biologique d’une partie d’entre elles. Sur les 440 hectares de sa ferme de Highgrove, située dans le sud-ouest de l’Angleterre, il fait expérimenter un produit naturel à base d’ail au lieu de l’usage des pesticides sur ses champs. Le lieu accueille aussi plus de 73 espèces d’animaux rares. C’est ainsi qu’il fait réintroduire les cochons tamworth, l’une des races les plus anciennes du pays.
Les grandes déclarations à Davos
Contrairement à sa mère, poussée sur le trône dès l’enfance, le prince a disposé de soixante-dix ans pour observer l’évolution du monde et réfléchir à son règne. Durant toutes ces années, il a profité de ses déplacements officiels et de ses prises de paroles à l’international pour mettre la préservation de l’environnement sous les projecteurs, quitte à surprendre son auditoire.
En 2020 au Forum de Davos, il apporte son soutien à la jeune activiste Greta Thunberg et critique le manque d’engagement écologique du monde économique. « À quoi servent toutes les richesses supplémentaires du monde, obtenues grâce au ‘business as usual’ [l’activité économique immuable], si l’on ne peut rien en faire, à part les regarder brûler dans des conditions catastrophiques ? », assène-t-il aux dirigeants et aux chefs d’entreprise présents dans la salle.
acceptée par tous à l’heure où il y a un consensus scientifique autour de la question du réchauffement climatique ».
Dans son rôle de monarque, le souverain britannique est soumis à la neutralité politique, rappelle le chercheur. Aussi, Thibaud Harrois doute de voir un jour la militante Greta Thunberg invitée au palais de Buckingham. « Ce serait osé car elle symbolise un type d’activisme – grève sur le climat – contesté sur le plan politique. On voit mal le roi faire quelque chose qui pourrait avoir un retentissement politique et nuire au gouvernement britannique ».
En 2004, pourtant, Charles est sorti de sa réserve en envoyant, secrètement, une série de lettres manuscrites à plusieurs ministres et hommes politiques britanniques. Des missives très personnelles dans lesquelles le prince donnait son avis sur l’agriculture bio, le réchauffement climatique, et la planification urbaine, ce qui lui a été reproché par la suite.
Les voyages en jets privés du prince Charles
















