Le paysage politique guinéen s’accélère brusquement en cette fin de mois de juillet 2026. Par un décret lu à la télévision nationale ce mercredi 29 juillet, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a convoqué la toute nouvelle Assemblée nationale pour une session extraordinaire dès le 3 août prochain. Une initiative qui intervient à peine deux semaines après l’installation officielle des députés au Palais du Peuple, et 48 heures seulement après un remaniement gouvernemental partiel.
Derrière la sécheresse des termes juridiques du texte officiel se cache une politique de haute stratégie. L’exécutif guinéen s’apprête à s’octroyer un boulevard législatif pour toute la période estival.
L’ordre du jour de cette session d’urgence ne laisse aucune place aux débats improvisés. Le Parlement devra se pencher exclusivement sur deux chantiers cruciaux :
Régulariser le passé : L’examen et la ratification des ordonnances déjà prises et transmises par le gouvernement.
Assurer l’avenir (à court terme) : Le vote d’un projet de loi d’habilitation. C’est le cœur politique du décret. Ce texte doit légalement autoriser le président Doumbouya à légiférer par ordonnance, directement, sur des sujets relevant normalement du domaine exclusif de la loi.
La fenêtre de tir : Cette autorisation exceptionnelle débutera dès l’adoption du texte et s’étendra jusqu’au 5 octobre 2026, date qui devrait coïncider avec la rentrée parlementaire d’octobre.
Pour la nouvelle Assemblée nationale issue des législatives du 31 mai 2026 et dominée à plus de 80 % par la coalition présidentielle (GMD) , il s’agit du premier véritable test politique. En activant l’article 68 du règlement intérieur pour borner la session à ce seul ordre du jour, le pouvoir s’assure une procédure éclair : sitôt les textes votés, les députés seront renvoyés à leurs vacances.
Pour les analystes à Conakry, le timing est tout sauf un hasard. Après avoir reconduit le Premier ministre Amadou Oury Bah et ajusté son équipe gouvernementale le 27 juillet, dernier.En obtenant le droit de légiférer seul par ordonnance pendant deux mois, le chef de l’État s’affranchit des lenteurs parlementaires pour piloter à vue les réformes économiques et institutionnelles urgentes de la nouvelle administration.
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